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    A propos de l'auteur : BECKER René-Louis

    • BECKER René-Louis

      Quand Jay Becker, banquier en retraite résidant à Birmingham (Michigan, U.S.A.), écoute le Requiem Allemand de Brahms la longue tradition familiale de musiciens d'église lui vient à l'esprit.

      Celle-ci remonte au 19ème siècle en Alsace, où le grand-père de Jay, Jean-Baptiste, vécut jeune. Cette tradition comprend une rencontre entre René Becker, père de Jay, et Brahms lui-même. Jean-Baptiste Becker vivait à la ferme, mais cultivait également l’amour de la musique et devint un musicien et professeur accomplis. Il transmit ce don à ses enfants qui furent tous formés très jeunes à l’étude du violon, du piano et du chant.

      Son fils Edouard, particulièrement doué, devint l’organiste de la cathédrale de Chartres et plus tard de celle de Strasbourg. C'était dans les années 1860 et 1870. Edouard et sa femme Adèle eurent une fille Lucie et quatre fils : Edouard, Lucien, Camille et René qu'ils élevèrent dans la ville de Bischheim en Alsace.

       

      René naquit en 1882. Élever les enfants et payer leur éducation musicale au Conservatoire de musique de Strasbourg étaient une très lourde charge pour le père. Au Conservatoire, René bénéficia de l’enseignement de professeurs distingués comme le pianiste Ernest Münch dont le fils Charles allait devenir le célèbre chef d’orchestre, Fritz Blumer, élève de Franz Liszt ou encore, en classe de composition de Carl Somborn, élève de Joseph Rheinberger. Il prit également des cours d’orgue avec le Suisse Adolphe Gessner. Quatre des cinq enfants Becker firent une carrière musicale comme prédagogues, concertistes ou compositeurs.

      La rencontre avec Brahms ? Une fois par an, le Maître venait au Conservatoire de Strasbourg donner un récital.

      Au printemps 1894, le jeune René Becker fut choisi pour lui tourner les pages en récompense de ses succès scolaires, un honneur suprême pour un élève de conservatoire. Vers les années 1900, l’attrait de l’Amérique se fit sentir chez les Becker et deux des frères de René, Lucien et Camille partirent pour Saint-Louis. Lucie qui avait décroché son diplôme de violon resta à Strasbourg où elle fit carrière comme professeur et concertiste.

      René resta encore quelque temps à Strasbourg pour terminer ses études et approfondir ses connaissances dans la musique liturgique. Il rejoignit ses frères à Saint-Louis en 1904 et fonda le "Becker Conservatory of Music" où il enseigna le piano, l’orgue et la composition. Il donna des concerts et commença à faire éditer ses œuvres. Camille mourut alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années et Lucien, membre de l’"American Guild of Organists", créa de son côté une école de musique à Portland, dans l' Oregon. Ni Camille, ni Lucien n'eurent d'enfants.

      Pendant les 40 ans qui suivirent, René publia près d'une centaine d’œuvres, notamment 3 Sonates pour orgue, 15 Messes, 25 pièces pour piano et 35 motets. Certaines de ses œuvres sont encore données de nos jours par des solistes ou ensembles vocaux, en dépit de la récente modernisation de la liturgie d’église. Parmi celles-ci, éditées chez Fischer Brothers, Schirmer, McLaughlin Reilly, et John Church, on trouve sa 1ère Sonate pour orgue, sa Toccata en ré majeur, La Châtelaine, les Melodious Studies, Deux Etudes, et ses Messes en l’honneur de Sainte-Angela, Saint-Felix Valvois et Saint-Francis Xavier, ainsi que des pièces pour violon, alto et violoncelle. En 1908, René quitta ses frères et enseigna l’orgue et la musique a l’Université de Saint-Louis et le chant grégorien au Séminaire Kendride.

      La carrière de René Becker prit un nouvel élan quand il épousa en 1910 Angela Landzettel, elle-même musicienne accomplie. Elle était également artiste peintre (aquarelles et peintures à l’huile) et poète. Certaines de ses compositions pour piano et orgue furent publiées par les éditions Theodore Presser.

      La musique coula en abondance des plumes de René et Angela pendant leurs années de mariage particulièrement fécondes. L'année suivant la naissance de leur premier enfant Catherine le couple déménagea en 1912 pour Belleville, dans l'Illinois. Là, naquirent ensuite René-Claude en 1913, Francis en 1915, puis la famille s'installa à Alton, (Illinois) où elle vécut pendant les 15 années suivantes.

      Dans cette ville René continua à enseigner et à composer tout en tenant l’orgue de la cathédrale St-Peter and Paul. Enfin, en 1929, vint le dernier enfant Julius (dit Jay). Les années de la Grande Dépression ne furent pas trop difficiles pour la famille Becker, la musique religieuse étant alors très demandée. En 1930, René fut nommé le premier organiste de la toute nouvelle cathédrale de Blessed Sacrement, à Detroit, qui était alors un centre d'intérêt grandissant pour la musique classique et la musique religieuse dans le sud-est du Michigan. Il resta à ce poste durant 13 ans tout en continuant à donner des leçons chez lui, souvent gratuites pendant la Dépression, et dans les écoles.

      Il donna aussi des conférences et des concerts et ne cessa pas de composer. Membre de l’"American Guild of Organists" (Chapitre de Detroit), René aida à la création de la "Catholic Organists Guild" et avec son frère Francis fonda l’Institut Palestrina destiné à l’enseignement du chant grégorien et de la musique liturgique officielle aux organistes de la région.

      Il joua notamment aux cérémonies d’intronisation du Cardinal Mooney et de l’Evêque Woznicki. En 1943, il devint l’organiste de l’église Saint-Alphonsus à Dearborn, Michigan, jusqu’à sa retraite en 1952 à l’âge de 70 ans. René Becker mourut en 1956 à la suite d’une longue maladie, laissant derrière lui à sa famille, à l’église et aux générations à venir un héritage musical important. Comme autrefois, la tradition musicale resta de rigueur dans la famille de René et Angela.

      Dès leur plus jeune âge leurs enfants durent apprendre un instrument : René-Claude abandonna par la suite et devint banquier ; pour Francis, la musique représenta quelque chose de plus sérieux et il fut organiste et directeur musical de l’église Saint-Mary à Royal Oak, dans la banlieue de Detroit, puis dans les années 1950 celui de Saint-Benedict à Highland Park, Michigan, non loin de la demeure familiale. Lui et son frère Jay chantèrent aussi ensemble dans des chœurs ; Catherine ne resta pas longtemps à Detroit et retourna à Alton, Illinois pour épouser son amour d’enfance et pour enseigner le piano et le chant. Julius (Jay) continua le piano et l’orgue et eut de nombreux élèves.

      En 1957, il épousa Julia, nouvellement arrivée d’Irlande. Actuellement infirmière retraitée et psychologue toujours en exercice. Jay devint vice-président de la plus grande banque de Detroit et organiste et chef de chœur de l’église Saint-Eugène à Detroit pendant de nombreuses années. Il se livra à la composition mais ne chercha jamais à se faire publier. Tout au long de leur enfance, les enfants Becker furent encouragés dans leurs études musicales par leurs parents qui furent également leurs professeurs.

      Des exécutions en public étaient couramment organisées par René et Angela, notamment de nombreuses soirées musicales ou des concerts les dimanches après-midi qu'ils donnaient dans leur résidence de l’Avenue Connecticut. Après le décès de René et Angela, la tradition musicale de la famille a commencé à se perdre.

      Aucun de leurs petits-enfants n’a en effet apprit la musique sérieusement, bien que certains d'entre eux ont quelque peu étudié et jouent du piano. René-Claude et sa femme, Helen ont deux enfants, Pamela et René-Louis qui vivent maintenant en Nouvelle-Angleterre. Francis et sa femme Margaret n’ont pas d’enfants. Catherine et son mari Henry ont adopté une fille, Susan, maintenant décédée. Trois des quatre enfants de René et Angela sont depuis partis vers l’éternelle Cathédrale de Musique. Jay et sa femme, Julia (ou Sheila), vivent une retraite relativement calme à Birmingham (Michigan) après avoir élevé deux filles, Margaret et Catherine. Jay participe toujours aux activités de la chorale de l’église Holy Name, située près de chez lui et la musique reste sa raison d’être. Il chante dans le pupitre de basses du "Rackham Symphony Choir" depuis 1977 et en plus de la volumineuse bibliothèque musicale de la famille s’occupe de celle de ce chœur. Celui-ci qui célèbre cette année [2005] ses cinquante ans, est l’une des chorales les plus réputées de Detroit. Elle a été le chœur officiel du "Detroit Symphony Orchestra" pendant de nombreuses années et maintenant se produit avec le chœur du "Michigan Opera Theatre". Jay Becker est le dernier musicien encore vivant des Becker et le gardien de la tradition musicale de la famille. Sa demeure est remplie de partitions publiées ou manuscrites, dont de nombreuses sont jaunies, riches témoins de la vie et de l’œuvre de ses parents René et Angela Becker.

      La première chose que l’on voit et entend en entrant chez les Becker est le piano. Il y a seize ans, lors du mariage de sa petite-fille Catherine, les accents de la Missa Salvator Noster de René Becker retentirent dans la cathédrale de Blessed Sacrement pour la première fois depuis longtemps.

      Cet heureux événement tient une place importante dans la mémoire familiale des Becker, avec celui du jour où le père de Jay partagea la scène avec Johannes Brahms. Le livre de raison de la famille, dans lequel on relève de nombreux faits musicaux, reste intact!

       

      Texte de Gene Scott, traduit de l'anglais par Nadine Deleury

       

      Source : MUSIMEM

      http://www.musimem.com/becker.htm

              

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